Les 20.000 policiers municipaux français pourront prochainement utiliser le pistolet électrique Taser, une arme controversée qui envoie des décharges de 50.000 volts pour maîtriser une personne.
Un décret du ministère de l'Intérieur daté du 22 septembre et publié mardi le 23 septembre par le Journal officiel autorise le pistolet à impulsions électriques (PIE) pour les policiers municipaux, en complément ou à la place de l'arme qu'ils sont déjà autorisés à porter.
Le Taser, arme d'origine américaine, est déjà en service dans la gendarmerie et la police nationale.
Chaque maire devra demander au préfet une autorisation individuelle de port du Taser pour chacun de ses policiers qui seront ensuite formés lors d'un stage obligatoire, notamment en recevant une décharge.
Selon le président de Taser France, Antoine Di Zazzo, 346 mairies souhaitent s'équiper du Taser X-26, pour un coût unitaire d'environ 1.500 euros.
Ce pistolet, dont les partisans affirment qu'il est plus inoffensif et efficace que les armes classiques, reste toutefois controversé et le Parti socialiste s'est dit "fermement" opposé à son extension aux polices municipales.
De son côté, Amnesty international France réclame "un moratoire" sur l'utilisation du Taser tant qu'une "enquête approfondie et impartiale n'aura pas été menée", tout comme le député Verts Noël Mamère et le porte-parole de la Ligue communiste révolutionnaire (LCR) Olivier Besancenot.
Amnesty International affirme que plus de 290 personnes sont décédées aux Etats-Unis depuis 2001 après avoir été touchées par ces armes.
Mais, selon Taser-France, ces chiffres ne portent pas sur le même type de produit que celui utilisé en France, le modèle X-26.
Selon une étude publiée en septembre 2007 par la revue des Samu de France, l'innocuité du Taser paraît confirmée "lorsque les précautions d'utilisation sont strictement respectées".
Source : AFP


